La Chapelle d’Aubusson

Promenade à pied, depuis notre maison, jusqu’à la chapelle d’Aubusson, au sommet de la colline du même nom.

Nous empruntons la rue de la Chapelle Notre Dame des Grâces, qui commence juste à côté de notre maison.

Nous suivons le GR4, environ 20 minutes, puis nous l’abandonnons en suivant, à droite, un sentier aux marques jaunes, qui grimpe sur la colline.

C’est un chemin ombragé, sous le couvert , des restes de restanques témoignent des cultures pratiquées ici autrefois : des oliviers en terrasses. Les buis abondent, sculptures baroques, odorantes, qui gagnent sur le chemin.

Puis le sentier devient raide, de hautes marches dans les rochers. Le temps d’une petite halte pour dominer du regard la vallée de l’Ouvèze et les villages sur l’autre rive, au-delà des falaises qui la bordent, les collines des Baronnies encore poudrées de neige.

La fin de la montée est raide, les marches dans les rochers bien hautes, un peu essoufflée, je lève la tête. Le sentier est à nouveau à découvert et la silhouette de la chapelle se détache dans le ciel, arrimée au rocher. Un ovale parfait de pierres grossièrement assemblées.

Et pourtant cette chapelle vide, désaffectée, aux murs intérieurs couverts de graffiti exhale encore quelque chose de divin. Une grille robuste, aux fers pleins, aux soudures délicates, la clôt. Le claveau de la porte d’entrée indique une date : 1771. On sait peu de chose de son origine, chapelle votive ou commémorative ?

Autrefois, les jeunes communiants s’y rendaient en pèlerinage. Aujourd’hui, assise sur l’esplanade au soleil de ce milieu d’après-midi, je rêve comme chaque fois que je m’arrête ici à l’atmosphère, autour de la chapelle qui doit être tellement différente, la nuit ou bien sous la neige, sous les violentes averses d’automne ou dans la tourmente d’un violent mistral.

D’ici, on domine tout, une vue à 360°. D’ailleurs, à l’époque médiévale, une tour de guet était érigée à cet endroit. Devant nous, en direction du sud, la colline de Suc-Mielh, massive, totalement verte, présente sa face nord ; notre maison est sur l’autre versant.

En descendant, pour rejoindre la route du Mourchon, Bernard remarque les petits lopins de vigne dont les ceps, semblables à des bonsaïs, épousent les courbes du relief. Quelques rangées, de ci, de là, autrefois on utilisait la plus petite surface cultivable et ces plages graphiques continuent de rythmer le paysage.

La descente est rapide et aisée, nous rentrons par la route jusqu’à la carrière devenue parking.

Où que l’on soit, depuis la route de Vaison ou des hauteurs environnantes, cette chapelle est un peu comme un phare, elle a donné son nom à cette colline, elle en est l’âme. Elle permet aussi de l’identifier et de situer la colline de Suc-Mielh, entre la colline d’Aubusson et celle du village.

Encore que les choses ne soient pas aussi simples et que la toponymie s’égare un peu sur des pistes différentes. Successivement en provençal et en français : lei Bessons, lo Besson, Aubusson, le Besson, Notre Dame d’Aubusson. On trouve aussi dans le cartulaire de Roaix, Bertraz d’Albuzo et Vienna D’Albuzun. Nom de lieu ou nom de personne ? Enfin selon l’interprétation occitane, lo Besson signifierait montagne jumelle de Suc-Mielh ou Suc-Miei. Ces deux collines jumelles ayant à peu près la même hauteur, 428 et 424 m.

Pour que des lieux existent dans notre pensée, il leur faut un nom, une histoire, c’est ainsi que nous humanisons des paysages qui ensuite nous renvoient bien d’autres choses, subtile osmose entre l’homme et son environnement.

 

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