Sénanque

Nous venons de visiter l’abbaye de Boscodon dans les Hautes Alpes, une autre abbaye cistercienne, et l’envie nous prend de visiter celle de Sénanque, maintes fois aperçue depuis la route de Gordes. C’est le week-end du 11 novembre et ce dimanche après-midi ensoleillé nous incite à profiter du flamboiement de l’automne, « the fall » comme le nomment plus justement les Américains, sur la forêt de Vénasque et les garrigues.

De Séguret il faut 50 minutes, en voiture pour se rendre à l’abbaye de Sénanque en passant par Carpentras et Vénasque. Nous arrivons pour la première visite guidée à 14h 30. Depuis 1988, l’abbaye est de nouveau habitée par une petite communauté de moines venant de celle de Saint Honorat de Lérins. Les visites tiennent compte de cette vie monastique.

L’ensemble est beau et simple, selon les concepts de l’architecture cistercienne, l’environnement grandiose, le vallon est maintenant classé, y compris les terres ne faisant pas partie de l’abbaye.

La visite est fort bien commentée, on s’arrête successivement dans le dortoir où la voûte en berceau brisé est d’une grande pureté, l’église abbatiale, lecloître, où la simplicité et la grâce des colonnes aux chapiteaux décorés de motifs très épurés dégagent tant d’harmonie. Puis on termine la visite par lechauffoir servant de scriptorium et la salle capitulaire.

 

Nous n’étions qu’un petit groupe dans ce lieu que j’aurais aimé visiter seule mais déjà la spiritualité de ce lieu nous traverse et nous enchante. Je pense à la vie dans cette abbaye au fil des siècles, elle fut fondée en 1148, à la beauté de cette architecture, taille de la pierre locale, respect du « nombre d’or », aux blessures liées aux événements de l’histoire : guerres de religion, Révolution, expulsion en 1903. Au-delà de ces péripéties historiques religieuses ou économiques, rien n’a entamé la pérennité de ce lieu.

La librairie de l’abbaye qui propose de nombreux ouvrages intéressants, religions, vie monastique, architecture sacrée … et qui vend des productions de l’abbaye : miel, lavande… mérite qu’on s’y arrête.

Je regrette un peu que les visiteurs ne soient pas autorisés à visiter les abords de l’abbaye, ses jardins, ses cultures qui scellent son attachement à ce vallon dont on dit qu’au 20e siècle encore, avant que des routes ne la relient à Gordes ou à Sénanque, elle était si bien cachée dans ce vallon splendide et désert que des moines ont pu l’occuper à nouveau, malgré l’interdiction et à l’insu des autorités (1926).

Au retour, nous avons pris l’étroite route de Gordes en corniche, qui surplombe l’abbaye et ses parcelles cultivées. On peut s’arrêter dans des refuges et jouir de cette vue plongeante sous les rayons du soleil couchant, faire des photos …

Nous avons choisi de revenir par Gordes dont le charme n’est plus à vanter, pour y faire halte mais… il y avait tant de touristes en ce week-end férié que nous avons finalement pris la direction du col de Murs, petite route sinueuse, étroite et déserte en cette fin d’après-midi, pour goûter les éclairages rasants sur les grandes étendues solitaires de la forêt méditerranéenne.

Pour avoir des informations sur l’abbaye et les horaires des visites :

www.senanque.fr

ou tel :04 90 72 05 72

 

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