Séguret sous la neige

Dans la nuit du 7 au 8 janvier 2010, il est tombé 35cm de neige à Séguret.
L’hiver existe aussi en Provence !!!

Publié dans Vivre à Sucmiei | Commentaires fermés

A lire : Séguret dans les sixties

J’ai lu cet été un bouquin qui m’a tant passionnée que je l’ai avalé en deux jours. Il m’a été offert par un ami anglais habitant Séguret, il est écrit en anglais, par une américaine,

ISBN : 0595-009165-2

A Farmhouse in Provence de Mary Roblee Henry

Ce livre raconte le coup de coeur d’une Américaine de Washington, épouse d’un Français, Paul Marc Henry, originaire des environs, pour un mas en ruines et quelques acres de terre sur la commune de Séguret, dans un endroit isolé, situé entre le Jas et St Jean. Et surtout, il narre d’une manière plaisante et humoristique les épisodes de cette restauration et la création d’un domaine viticole.

Les années 60, c’est l’époque où Séguret renaît, où, après des années d’abandon, l’association des Amis de Séguret s’attache à la promotion, à la restauration de ce village crèche, à la reprise de la pratique des fêtes et des rites d’antan.

Aujourd’hui, Séguret porte fièrement ce label : « L’un des plus beaux villages de France » et nous profitons de l’accomplissement de cette laborieuse démarche car, à cette époque, il s’agissait encore des premiers balbutiements.

Ce qui m’a le plus séduit, dans cet ouvrage, c’est la passion, l’attachement de Mary pour ce modeste village de Provence, sa détermination, cet immense défi qu’elle relève, surmontant les obstacles multiples, la langue surtout et par conséquent la communication avec les locaux, voisins, artisans, fonctionnaires et cette ouverture vers une culture très différente de la sienne, cette façon intelligente et drôle de négocier, d’oublier son regard d’Américaine, de se décentrer pour dialoguer avec ses interlocuteurs.

Conduire ce projet, cet immense chantier et pour le lecteur en suivre pas à pas les avancées et les reculs, c’est partager avec Mary son enthousiasme, ses émotions, ses doutes et ses moments de jubilation. En effet, en ces années modernistes où le Formica était à l’honneur, préserver les matériaux anciens était source d’incompréhension pour les artisans locaux.

Des noms de familles du village, que je connais moi aussi, y sont évoqués, les Bonell, les Verdeau, les Charasse. On y évoque aussi un Noël provençal bien froid, messe de minuit et spectacle Li Bergie dans l’église de Séguret, comme aujourd’hui avec d’autres acteurs amateurs.

Si cette démarche me fascine et m’interpelle, c’est … que je la partage aussi.

Découvrant Séguret dans les années 80, nous y sommes revenus plusieurs fois lors de multiples séjours en Provence, en différentes saisons. C’est cet attrait pour Séguret en particulier qui nous a finalement conduits à y construire une maison non plus comme pied à terre de vacances, comme nous y pensions initialement, mais comme lieu de résidence permanente. La Sérafine pour Mary et Sucmiei pour nous. Et cette fascination ne s’émousse pas, revenir à Séguret après des séjours ailleurs, c’est toujours pour moi, retrouver ma terre, mes racines, le plaisir de voir, de sentir, d’écouter ce petit coin de Provence, j’y respire !

Publié dans Notes de lecture | Marqué avec , , | Commentaires fermés

Séguret Fête d’Hue Vin

C’était hier, à Séguret, la fête d’Hue Vin, la fête du cheval et du vin.

Déjà la rentrée, les vendanges se profilent à l’horizon de cette première semaine de septembre.

Le temps a fraîchi, pourtant c’est une belle journée ensoleillée avec juste ce qu’il faut de mistral, où l’on se sent si léger après la canicule des dernières semaines.

C’est un circuit à travers le village et les vignes en contrebas, dûment fléché, qui fait cheminer depuis la Porte de la Bise jusqu’au domaine de Cabasse, « Casa bassa ».

Sur le parcours, des stands de dégustation au milieu des vignes, des ateliers chevaux avec des démonstrations du travail de la terre, tel qu’il se faisait autrefois, binage, labourage, débardage.

Sur le chemin des Espiers, on croise des calèches (ou jardinières ?), de jolis ânes bâtés montés par des enfants. J’en ai vu un de deux ans, prêt pour l’aventure et attendant gravement le départ. Quelle animation dans les vignes ! On « promène » comme on dit ici, en famille, on se bouscule un peu pour grimper dans les calèches, on rit ou on crie quand les chevaux prennent le trot dans les descentes.

Du chemin des Espiers, c’est un autre aspect du village que l’on découvre : un cirque de pierre irradié de lumière, à l’arrière-plan des vignes, qui se découpe sur l’azur du ciel.

Il suffit de s’avancer dans les rangs pour découvrir les belles grappes de raisin noir, dont la pourpre foncée explose sous le vert tendre des feuilles un peu racornies par le feu du soleil de ce bel été.

Je n’ai pas été, depuis longtemps, de si près au contact des chevaux et je suis impressionnée par la taille et la puissance de ces robustes chevaux de trait. Des chevaux qui se font un peu prier pour faire leur show dans la terre sèche de cette fin d’été ! Est-ce un temps pour accomplir ce dur labeur ?

Cette fête est aussi un clin d’oeil au Séguret d’antan quand les chevaux, sur le devant de la scène, assuraient le travail de la terre. A Séguret, entre 1900 et 1915, les chevaux étaient aussi nombreux que les mulets : 75. Le nombre de chevaux atteint son maximum en 1927 : 122. Et puis, à partir de 1955, les tracteurs ont remplacé les bêtes.

Quelques mulets ont subsisté jusqu’en 1985 bientôt remplacés par les motoculteurs et les motobineuses dans les vignes.

Lire à ce sujet le chapitre consacré au cheval, écrit par Pierre Lafont in « Une communauté villageoise, Séguret ». aux éditions Barthélémy (Avignon)

C’est à cette époque aussi que les paysages ont changé, les vignes remplaçant les prairies destinées à produire le foin pour nourrir les bêtes, les cultures céréalières et les oliviers décimés par le gel de 1956.

En fin d’après-midi un spectacle équestre a pour théâtre… les vignes, près de Cabasse. Je n’ai pas eu la possibilité d’y assister mais mes hôtes marseillais y ont pris bien du plaisir et évoquent, ce matin, à la table du petit déjeuner, l’insolite présence d’un piano au beau milieu des vignes.

Cette fête de la vigne et du vin vient à point nommé et marque la transition vers cette fin d’été que j’apprécie tant ici. C’est arrivé d’un coup : la fraîcheur du matin et du soir, le coucher de soleil visible depuis notre jardin, le crépuscule qui nous surprend en pleine activité.

Bientôt, il y aura le va et vient des remorques bombées de raisins, l’odeur omniprésente du moût, ce parfum de fermentation qui réveille l’enfance, et puis après les vendanges, les longues et paisibles balades dans les collines. Ah ! s’échapper dans les rangs pour glaner les raisins oubliés, bien mûrs, gorgés de sucre, parfois presque secs qu’on suce tout au long du chemin. Ce qui faisait dire à mon petit fils dont les mains étaient vides : « Encore, Granny, j’ai fini ! » pour être réapprovisionné sans délai.

Félicitations à tous les viticulteurs de Séguret et les autres, qui organisé et réussi cette seconde édition de la fête d’Hue Vin en espérant qu’elle ne sera pas la dernière et que d’autres idées viendront l’enrichir.

 

 

Publié dans Arts et traditions | Commentaires fermés

Sur la Route des Vins

Vous aimez les verts ondoiements de la vigne au printemps, vous appréciez le vin et vous voulez en savoir plus. Vous avez choisi de vous arrêter sur la route des vins des Côtes du Rhône.

Eh ! bien oui, la route des vins n’est pas un vain mot.

J’ai eu l’occasion d’expérimenter hier, une visite suivie d’un atelier, sous la conduite d’Aurélie Lardet, oenologue, chez Lavau qui vinifie et commercialise les vins de notre région.

Ce fut une expérience riche, plaisante et originale, qui m’a convaincue, alors que je suis plutôt sceptique quant aux abondantes propositions qui se présentent à nous et j’ai bien envie de partager celle-ci avec vous.

Une visite des installations et des explications claires sur le travail de vinification depuis l’arrivée des raisins lors des vendanges jusqu’à la fermentation en cuve.

Puis une initiation à la dégustation des vins jusqu’à un assemblage pour fabriquer le vin qui répond à notre goût, « notre » vin.

En blouse blanche, devant les éprouvettes, sur une paillasse de laboratoire !

Pour finir un moment gourmand : une dégustation de vins associés à des chocolats et pas des moindres, ceux de Peyrerol à Vaison.

Aurélie aime accueillir de petits groupes (à partir de 2 personnes), elle préfère des groupes homogènes, hier, nous étions quatre. Douée de compétences professionnelles et de qualités relationnelles, elle informe, questionne, suscite la curiosité, sait faire des pauses. Abordant le sujet au niveau des connaissances préalables nécessaires mais surtout accompagnant avec beaucoup de pédagogie et de tact cette éducation sensorielle.

Mettre des mots sur ces impressions fugaces, aussi volatiles que les tanins du vin, s’arrêter, sentir et exprimer son ressenti, voilà une activité qui n’est pas tellement familière et qui se cultive.

Voir, sentir, goûter, autrement, demandent de la patience, une attention au vin, objet de cette recherche, mais aussi une attention à soi-même et à une antériorité qui est différente pour chacun de nous et qui justement conditionne nos goûts.

L’aboutissement étant la fabrication de son propre vin avec le plaisir de partager celui des autres et d’échanger.

Les établissements Lavau sont situés à Violès, à 10 minutes de Séguret. Ces visites et ateliers, créés cette année, se font avec une réservation préalable. Le montant de la prestation s’élève à 30 euros. J’ajouterai un atout supplémentaire, Aurélie ayant travaillé aux Etats Unis peut assurer la prestation en Anglais.

Je regrettais, il y a quelques années, que les établissements viticoles ne prennent pas assez en compte les naïfs que nous sommes (pour beaucoup d’entre nous) et bien c’est fait, fi ! des complexes, et … je ne suis pas fâchée que cette animation soit faite par une femme qui y apporte toute sa sensibilité.

C’est à Violès qu’Aurélie nous accompagne sur la route du vin.

LAVAU

E-mail : info@lavau.eu

tel : 0033 490 709 870

 

Publié dans Arts et traditions | Commentaires fermés

Marché à vaison à la mi-mai

L'huile de Madame Martin

Sur le petit marché, dit "marché des producteurs", Madame Martin vend l'huile de ses vergers, notre préférée, la Verdale, dont la subtile amertume accompagne si bien salades de pois chiches ou de pommes de terre.

Les légumes de Corinne

Sa voisine, Corinne, de Piégon, petit village au nord de Vaison, a le label bio. Nous y achetons deux fois par semaine tous nos légumes de saison, après les racines et les choux de l'hiver, les asperges, les pois, pois gourmands, cébettes, courgettes et... bien sûr les fraises tant attendues.

marche03

Encore une de nos stations favorites, Madame Guillot, présente par tous les temps, encapuchonnée ou à l'ombre d'un parasol, vend une excellente huile "pure tanche". J'y achète aussi les fruits avec lesquels je fais les confitures : cerises Burlat, abricots orangered ou rosé de Provence, mais je lui laisse le soin de concocter la délicieuse confiture de gigiri, variété de pastèque allongée, (que je ne parviens pas à réussir comme elle).

marche04

Nous voici sur "le grand marché". Cet éleveur de pigeons de Sarrians a eu l'occasion de nous faire visiter son élevage, via la télévision, lors d'une émission sur l'élaboration d'un repas dont tous les produits étaient tracés, dans la cuisine du fameux restaurant La Mirande, à Avignon.

marche05

En vrac, un pêle-mêle d'artichauts nouveaux, bien ronds comme il se doit, violets, "poivrade" qui feront les délicieuses salades de printemps ou les artichauts en "barigoule", spécialité provençale.

marche06

Toujours la queue devant cet étal de tomates, ce qui n'empêche pas le vendeur de faire une pause à chaque client et d'accompagner la vente d'un commentaire personnalisé. Où l'on décline les teintes chaudes, du rouge violacé au jaune citron en passant par les vermillon et les orangés de toutes les variétés provençales.

marche07

Ici abondent les olives dans tous leurs états, mais aussi les graines, les fruits et légumes secs, le haricot de Caromb indispensable dans la soupe au pistou, et puis encore l'huile si ronde, si douce de la vallée des Baux. Cette marchande de Pernes les Fontaines n'est pas avare de ses conseils et sa parole est indissociable du produit qu'elle vend, il me semble l'entendre quand je croque dans une olive. Me revient une anecdote qui n'est pas étrangère à son attitude sur la photo. Un jour d'hiver où le mistral était particulièrement violent, un morceau du toit de son camion se détacha et eut bien pu l'assommer. Ce qui la sauva ? Cette position familière, toujours penchée en avant ... qui lui permit de recevoir ledit morceau sur les fesses et non sur la tête.

marche08

Miel, pollen, savons hexagonaux, bougies tarabiscotées, tout l'or d'un rucher, dans les deux sens du terme, sur cet étal.

marche09

Ah ! la faisselle de chèvre de St Ferréol, le délice de ma voisine et amie, Marie-louise, qui attend avec impatience, au retour du marché, la précieuse livraison.

marche10

Hélène et Thierry Lionti qui ont leur atelier à Beaumont du Ventoux et à qui j'ai acheté pots à lait et coupes à confiture que vous verrez sur la table du petit déjeuner. Thierry tourne la terre blanche et légère du Ventoux tandis qu'Hélène dépose ces précieux émaux qui ne se révèleront qu'après la cuisson. Un plaisir des yeux et du toucher.

marche11

Hélène et Thierry Lionti qui ont leur atelier à Beaumont du Ventoux et à qui j'ai acheté pots à lait et coupes à confiture que vous verrez sur la table du petit déjeuner. Thierry tourne la terre blanche et légère du Ventoux tandis qu'Hélène dépose ces précieux émaux qui ne se révèleront qu'après la cuisson. Un plaisir des yeux et du toucher.

marche13

Ces paniers font fureur cette année sur le marché de Vaison. Ils remplacent un peu le traditionnel cabas dont l'équilibre au sol est plutôt incertain. J'en ai acheté deux, pour prêter à mes hôtes lors des pique-niques.

marche14

Des pains à profusion, c'est l'étalage de la boulangerie bio, place Montfort, petit épeautre, seigle, pain au levain, rien que du bon, et des pains qui se conservent sans sécher.

marche16

La discrète Josiane Déal, dans sa boutique, proche de la place Montfort. Elle dont le savoir-faire s'exerce sur une foultitude de fromages remarquablement affinés, un choix exceptionnel de brebis et de chèvres, typiques de la région. JD reçut la distinction de "Meilleur ouvrier de France" des mains de Jacques Chirac, il y a quelques années.

marche17

La discrète Josiane Déal, dans sa boutique, proche de la place Montfort. Elle dont le savoir-faire s'exerce sur une foultitude de fromages remarquablement affinés, un choix exceptionnel de brebis et de chèvres, typiques de la région. JD reçut la distinction de "Meilleur ouvrier de France" des mains de Jacques Chirac, il y a quelques années.

  • L'huile de Madame Martin
  • Les légumes de Corinne
  • marche03
  • marche04
  • marche05
  • marche06
  • marche07
  • marche08
  • marche09
  • marche10
  • marche11
  • marche13
  • marche14
  • marche16
  • marche17

Publié dans Cuisine provençale | Commentaires fermés

Les insectes de notre jardin

Les photos qui suivent ont toutes été prises dans notre jardin : un peu de patience, en se faisant le plus discret possible.
Elles ont été prises avec un objectif en position macro, c’est à dire à une distance de 30 à 40cm en lumière naturelle. Elles n’ont pas été retouchées, juste recadrées lorsque cela était nécessaire

D’autres insectes, typiquement méditerranéens (cigales, mantes religieuses, …) vont apparaître dans les prochaines semaines. A bientôt …

Publié dans Balades et découvertes | Commentaires fermés

Restaurer le chapelle d’Aubusson

Il y a quelques semaines, se réunissaient à la mairie, sous l’égide des « Amis de Séguret », tous ceux qui se sentaient concernés par le mauvais état de la chapelle et qui souhaitaient stopper les dégâts causés par les ans et les intempéries. Tant de charme ! mais il fallait bien prendre en compte le risque d’une dégradation plus importante.

restauration de la chapelle d'Aubusson, Séguret

restauration de la chapelle d'Aubusson, Séguret

Un maçon du village voulait bien assurer les travaux mais il fallait faire appel aux bénévoles pour monter les matériaux. En effet, aucun véhicule motorisé ne peut atteindre l’étroite plate-forme du sommet. Peut-être qu’autrefois les mulets, si nombreux à Séguret, auraient pu assurer le charroi, mais ils ont totalement disparu. On parla aussi d’un âne, celui des David, mais consentirait-il à faire plusieurs voyages, lourdement chargé ?

Finalement, rendez-vous est pris pour le samedi 25 avril, l’appel est lancé à tous ceux qui offriront leurs muscles à une noble cause !

En quoi consiste l’opération ?

restauration de la chapelle d'Aubusson, Séguret

restauration de la chapelle d'Aubusson, Séguret

Eh bien, il s’agit d’abord de monter au plus près, voitures, tracteur et benne. Ce sera par la route du Mourchon, un mauvais chemin permet ensuite de se rapprocher du sentier qui franchit le ressaut rocheux avant le sommet. En ce début de matinée ensoleillée, pas trop chaude, une quinzaine de volontaires, équipés de seaux, hottes de vendangeurs et sacs à dos acheminent sable, graviers et sacs de ciment. Brice et Jérôme, les propriétaires de la chapelle orchestrent la manutention. Une tonne de matériaux est ainsi transportée sur près de 100 mètres de dénivelé. En 4 aller et retours, la tâche est rondement menée.

Les travaux peuvent commencer. Il s’agit en fait de restaurer la toiture pour mettre la chapelle hors d’eau et restaurer les encadrements des porte et fenêtres.

La grille s’est ouverte ce matin, les matériaux bien rangés sur le sol, les participants ont pu retrouver avec émotion les inscriptions gravées sur les murs quelques dizaines d’années auparavant, on ne parlait pas de tags à cette époque, les enfants de Séguret montaient à la chapelle lors de la retraite de communion et y laissaient peut-être les initiales de leurs premières amours…

restauration de la chapelle d'Aubusson, Séguret

restauration de la chapelle d'Aubusson, Séguret

Ce matin, ils apprécient la pause après l’effort, un grand verre d’eau fraîche, quelques gourmandises à grignoter, dont les célébrissimes « oreillettes » provençales, Monsieur Faraud en ayant confectionné une grande corbeille.

Une grande convivialité accompagne cet événement, on a une pensée pour ceux qui ont construit cette chapelle, on sait si peu de choses sur l’origine de cet édifice (voir blog sur la chapelle d’Aubusson).

A-t-on monté les pierres, les a-t-on trouvées et taillées sur place ?

Quoi qu’il en soit, les Ségurétains d’aujourd’hui sont prêts à reprendre le collier si besoin était pour une nouvelle étape de travaux.

Quant à moi, je rêve d’un concert (bien improbable) dans la chapelle d’Aubusson !!!

Publié dans Arts et traditions | Commentaires fermés

Le Flacon aux lentilles

Au départ, le flacon.

Une carafe ancienne extraite du grenier familial. De belles proportions, sertie d’étain, bien en main, un col aux lignes adoucies, légèrement asymétrique, faite de ce verre épais et bullé des verres « bistrot » d’autrefois. Un long pas de vis, au niveau du sertissage, permettait de l’ouvrir et d’y mettre des glaçons avant de la remplir d’eau mais le manque d’étanchéité ne permet plus aujourd’hui d’en faire cet usage.

Alors que faire de ce bel objet ?

Brusquement une autre image s’est superposée à celle-ci. Celle des petits pots de blé germé qui décorent traditionnellement la table du « gros souper » à Noël. Ce blé que l’on met à germer à la Ste Barbe, celui que mes petits enfants arrosaient et regardaient grandir, lors d’un séjour à Séguret à Noël, avant de nouer autour de ses tiges un festif ruban rouge. Une année, à défaut de blé, j’avais semé des lentilles.

A l’arrivée, des lentilles donc.

Soigneusement rangées sur un fond de terre à cactées, arrosées puis oubliées.

Pas vraiment oubliées d’ailleurs car si le cycle de l’eau se fait tout seul (arrosage, évaporation, condensation qui humidifie la terre à nouveau), une part de la réussite vient du fait qu’on les regarde grandir avec amour, déplaçant le flacon, le rapprochant de la lumière, l’exposant au soleil, le tournant, comme on le fait pour « les Cerises au Soleil », encore une spécialité bien provençale sur laquelle il faudra que je m’explique.

La grâce de ces tiges fragiles surmontées de ces petites feuilles délicates fascine. On se surprend à les regarder sans cesse comme les poissons d’un aquarium. Un lacis de radicelles s’insinue dans la terre pour finalement prendre toute la place. Des petites gouttelettes d’eau animent les parois du verre.

Le flacon aux lentilles est bien vivant, transfiguré, né de l’alliance heureuse d’un minéral, le verre, et d’un végétal, ce bouquet de lentilles en croissance.

Et c’est là qu’il faut choisir le meilleur moment pour faire la photo… en pleine apogée, avant que les tiges ne dépérissent, ce qui arrive nécessairement un peu plus tard. Alors, les racines jaunissent, la condensation ne se forme plus sur les parois et les feuilles se fanent.

Comme le blé de la Ste Barbe que l’on essaie de garder encore quelques jours après Noël.

 

Publié dans Arts et traditions | Commentaires fermés

Sénanque

Nous venons de visiter l’abbaye de Boscodon dans les Hautes Alpes, une autre abbaye cistercienne, et l’envie nous prend de visiter celle de Sénanque, maintes fois aperçue depuis la route de Gordes. C’est le week-end du 11 novembre et ce dimanche après-midi ensoleillé nous incite à profiter du flamboiement de l’automne, « the fall » comme le nomment plus justement les Américains, sur la forêt de Vénasque et les garrigues.

De Séguret il faut 50 minutes, en voiture pour se rendre à l’abbaye de Sénanque en passant par Carpentras et Vénasque. Nous arrivons pour la première visite guidée à 14h 30. Depuis 1988, l’abbaye est de nouveau habitée par une petite communauté de moines venant de celle de Saint Honorat de Lérins. Les visites tiennent compte de cette vie monastique.

L’ensemble est beau et simple, selon les concepts de l’architecture cistercienne, l’environnement grandiose, le vallon est maintenant classé, y compris les terres ne faisant pas partie de l’abbaye.

La visite est fort bien commentée, on s’arrête successivement dans le dortoir où la voûte en berceau brisé est d’une grande pureté, l’église abbatiale, lecloître, où la simplicité et la grâce des colonnes aux chapiteaux décorés de motifs très épurés dégagent tant d’harmonie. Puis on termine la visite par lechauffoir servant de scriptorium et la salle capitulaire.

 

Nous n’étions qu’un petit groupe dans ce lieu que j’aurais aimé visiter seule mais déjà la spiritualité de ce lieu nous traverse et nous enchante. Je pense à la vie dans cette abbaye au fil des siècles, elle fut fondée en 1148, à la beauté de cette architecture, taille de la pierre locale, respect du « nombre d’or », aux blessures liées aux événements de l’histoire : guerres de religion, Révolution, expulsion en 1903. Au-delà de ces péripéties historiques religieuses ou économiques, rien n’a entamé la pérennité de ce lieu.

La librairie de l’abbaye qui propose de nombreux ouvrages intéressants, religions, vie monastique, architecture sacrée … et qui vend des productions de l’abbaye : miel, lavande… mérite qu’on s’y arrête.

Je regrette un peu que les visiteurs ne soient pas autorisés à visiter les abords de l’abbaye, ses jardins, ses cultures qui scellent son attachement à ce vallon dont on dit qu’au 20e siècle encore, avant que des routes ne la relient à Gordes ou à Sénanque, elle était si bien cachée dans ce vallon splendide et désert que des moines ont pu l’occuper à nouveau, malgré l’interdiction et à l’insu des autorités (1926).

Au retour, nous avons pris l’étroite route de Gordes en corniche, qui surplombe l’abbaye et ses parcelles cultivées. On peut s’arrêter dans des refuges et jouir de cette vue plongeante sous les rayons du soleil couchant, faire des photos …

Nous avons choisi de revenir par Gordes dont le charme n’est plus à vanter, pour y faire halte mais… il y avait tant de touristes en ce week-end férié que nous avons finalement pris la direction du col de Murs, petite route sinueuse, étroite et déserte en cette fin d’après-midi, pour goûter les éclairages rasants sur les grandes étendues solitaires de la forêt méditerranéenne.

Pour avoir des informations sur l’abbaye et les horaires des visites :

www.senanque.fr

ou tel :04 90 72 05 72

 

Publié dans Balades et découvertes | Commentaires fermés

Dans les Dentelles

En ce début d’après-midi d’automne, nous étions nombreux à avoir eu la même idée. Profiter de ce temps exceptionnellement ensoleillé et doux pour marcher dans les Dentelles.

De Séguret, il faut un petit quart d’heure en voiture pour gagner le col de Cayron où nous garons la voiture et commençons l’escalade en suivant le sentier balisé de ronds bleus en direction du col d’Alsau.

Sentier étroit, tantôt confortable et bordé de buis, tantôt plus chaotique où il faut gravir de hautes marches dans les rochers. Cela nous amène, au bout d’une demi heure, au pied des parois verticales des blanches Dentelles Sarrasines.

Juste au-dessus de nous, le Rocher du Turc, 630 m, le point culminant.

Nous laisserons les Dentelles derrière nous et continueronsons vers l’est là où la ligne de crête s’abaisse sur cette face nord.

Côté nord, le col de Cayron en contrebas et puis la Grande Montagne et ST Amand que l’on voit de face. Les vignes rousses qui tapissent les pentes s’illuminent aux rayons du soleil couchant. Sur la crête, côté sud, on embrasse en enfilade les aiguilles sommitales d’une blancheur irréprochable. En contrebas, le col d’Alsau.

Nous quittons finalement le sentier dont nous avons perdu le balisage pour descendre par les pierriers.

Descente un peu grisante pour laquelle il vaut mieux avoir de bonnes chaussures et redoubler de vigilance quand la couche de graviers devient plus mince !

Retour à la voiture au bout d’une heure trente environ.

Encore une bien belle balade, partagée par de nombreux randonneurs, à profiter de cette somptueuse lumière d’automne, à s’immerger dans ces fameuses Dentelles à la fois omniprésentes et lointaines que l’on cherche toujours du regard quand on se rapproche de Séguret quelle que soit la route suivie.

 

Publié dans Balades et découvertes | Commentaires fermés